Éditorial: Mot d'adieu d'Alain Ducharme
L’année dernière aurait dû être le dixième anniversaire de la République du Centaure.
Dix ans, plus de quatre-vingts textes de fictions publiés, des articles de toutes sortes. Mais il était devenu évident que je n’avais plus le temps ou l’énergie pour porter le magazine comme je l’avais fait pendant longtemps. Plus d’une année s’était écoulée depuis la publication du dernier texte de fiction. Autant la direction littéraire est un rôle qui me passionne, autant je ressentais le besoin de me consacrer davantage à mes propres histoires.
Mais je ne voulais pas que ça soit la fin, que le projet disparaisse par la porte d’en arrière. Ce dont j’avais envie, c’est de pouvoir annoncer qu’une équipe fraîche prendrais le relais.
Je suis donc heureux de pouvoir annoncer aujourd’hui un nouveau départ pour la République du Centaure. J’écris ces mots avec un mélange de nostalgie et de trépidation, mais surtout la satisfaction de savoir le flambeau confié à de bonnes mains.
Si je me reporte dix ans en arrière, je reviens au constat que j’effectuais à l’époque. On ne comptait déjà plus les magazines électroniques et balados anglophones de littérature de genre : un lecteur assidu peut ne lire que ça sans jamais tomber à court de contenu. Mais dans le monde francophone les initiatives se sont avérées peu nombreuses, et habituellement éphémère.
Qu’en est-il maintenant? Non seulement cette situation ne s’est pas améliorée, mais la spirale d’emmerdification des réseaux sociaux rend plus difficile pour des textes de fictions de rejoindre leur public. Je ne crois pas qu’il faut baisser les bras pour autant. Bien au contraire. Il faut continuer d’écrire, de publier et de partager. On pourrait y voir un geste de résistance, mais avant tout il s’agit d’entretenir le plaisir de lecture d’une nouvelle percutante, touchante ou stimulante.
Le mandat de la République reste donc plus pertinent que jamais : contribuer au rayonnement de la science-fiction et du fantastique québécois, avec du contenu gratuit, disponible partout et en tout temps. Et c’est une grande satisfaction que de savoir qu’il se poursuivra avec une nouvelle équipe pour de nombreuses années à venir.
Je ne peux évidemment pas terminer sans des remerciements. Guillaume Houle et Jonathan Reynolds pour avoir cru au projet et l’avoir accepté sous l’aile des Six brumes. Alex Desrochers Yanakis, qui a porté le flambeau avec moi ces dernières années, ainsi que tous les précieux collaborateurs qui se sont succédé : Luc Dagenais, Pascale Laplante-Dubé, Isabelle Lauzon, Maxime Poirier-Lemelin. Le magazine n’aurait pas été le même sans vous. Merci également à tous les auteurs et autrices qui ont accepté de nous confier leurs textes durant la dernière décennie. C’est grâce à eux que la République du Centaure peut affirmer publier le meilleur des littératures de l’imaginaire d’ici.
Et finalement, merci encore et encore à Guillaume Boudrias, Jeanne Corvellec et Nicolas Vigneau, qui poursuivront l’aventure.
Je tire ma révérence. Pour une dernière fois, bonne lecture.